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Sex Education : Représentation et droit à l’imperfection

Sex Education : Eric, Ola, Lily et Adam

En ce moment je suis dans une phase « séries télé », et je me suis donc retrouvée il y a trois jours devant Sex Education, série que j’avais réussie à éviter jusque-là. Parce que moi, les séries ados de lycée, ce n’est pas trop mon truc (surtout parce que c’est souvent très raté, ou alors ça parle (mal) de cul tout le temps, avec des personnages qui ne ressemblent pas à des ado)

Bonne surprise donc, Sex Education est une série bien construite, bien castée, bien foutue.

Et qui parle bien de cul, et d’absence de cul, et de problèmes autour du cul, essentiellement des problèmes de patriarcat. Ici on parle de virilité, de démonstration de force, de façade, de peur de la virginité éternelle, de slut-shaming, d’agressions, et d’une incroyable (mais pas si incroyable que ça) ignorance du son propre corps, de comment il marche, de l’entrejambe jusqu’au cœur.

Bref, c’est super bien et les personnages, tous, portent la série avec une profondeur assez chouette, sachant faire passer lae spectateurices du rire aux larmes en une seule scène. En plus il y a des chapeaux en forme de vulve.

Rassurée par le sérieux de la série et son discours sur la sexualité, je me suis retrouvée moins militante et plus fangirl. J’ai eu mes chouchous, les couples ou les personnages pour lesquels je hurle et ceux pour lesquelles je baille.

Puis une fois la série finie je vais sur les réseaux sociaux (essentiellement tumblr) pour cette activité hautement intellectuelle qui est de fangirler.

Et là je me rends compte de quelque chose de très important.

[A partir de là, spoilers sur la série]

Donc beaucoup de critiques sur l’aspect problématique d’une seule relation de la série : Adam et Eric. Soit le vieux trope de l’harceleur et de sa victime, du ennemies to lovers. C’est un trope que personnellement j’apprécie en fiction, mais qui effectivement est pas génial dans une série pour ado qui apporte un message de santé publique (réellement)

Moi, honte et tragédie, c’est mon couple préféré !

Et puis j’ai réfléchi et cela m’a fait revenir sur cette culture du militantisme pur et du rejet des oppressions. C’est quelque chose que j’accepte et que je soutiens quand cela concerne des personnes réelles. « Pas de violeurs dans nos luttes », etc, etc. Mais pas dans la fiction, tant que l’imperfection est montrée pour ce qu’elle est (une imperfection, quelque chose qui n’est pas parfait et qui n’est pas sain), ça va. C’est même le but de la fiction. Ou un des buts de la fiction. Nous écrivons des êtres imparfaits et nous réfléchissons à la manière dont ielles vont survivre aux épreuves que nous leurs infligeons.

Nos personnages sont imparfaits et surtout ils leur arrivent de faire des mauvais choix.

Pourquoi cela serait-il être différent pour une série dite pédagogique et surtout respectueuse comme Sex Education ?

La série reste-t-elle pédagogique malgré le « mauvais choix » d’Eric, de rester avec son ex-harceleur ? Sur l’aspect sexuel oui, sur l’aspect de développement des personnages, ben on est au dernier épisode de la seconde saison, donc à voir pour la suite.

Les personnages sont-ils placés dans une situation irrespectueuse par rapport à ce qu’ils sont ?

Non. Parce qu’iels sont humain·es et qu’iels commettent des erreurs.

Pourquoi Eric, la figure homosexuelle première de la série (mais pas la seule), devrait-il faire un « bon » choix juste parce qu’il est gay ? Pourquoi ne peut-il pas faire les mêmes erreurs que les personnages hétéros de la série (dont certains sont dans des relations toxiques, voir le trio Otis/Maeve/Isaac, et certains dans des relations saines) ?

Pourquoi son personnage devrait-il obligatoirement faire ce qui est censé être le bon choix ? Choisir le gentil garçon intelligent, respectueux, ouvert (et un peu chiant il faut l’avouer), et pas le mauvais garçon ? Est-ce que, parce qu’un personnage est issu d’une minorité, il doit attendre que son crush soit purifié pour le choisir ?

C’est irrationnel. Compréhensible mais irrationnel.

La fiction ne peut pas fonctionner ainsi.

Les personnages sont respectés dans la série : jamais humiliés pour ce qu’iels sont, présentés sous un jour aussi sincère que le peut une série mainstream, tous mis en scène avec la même distance (même si on passe plus de temps avec certains qu’avec d’autres) Leurs choix peuvent interroger, jamais leur personne.

Et c’est bien ça le but d’une littérature, d’une fiction engagée.

Nous ne faisons pas de nos personnages des saints. Surtout pas. Ils peuvent, doivent faire des erreurs. Et peut-être même que ces erreurs seront des réussites.

Et puis flûte tous les personnages de la série font des erreurs. Parce que ce sont des êtres humains qui en plus ont la mauvaise idée d’être des ados ! Et de vivre dans un monde où les jeunes cis hétéros doivent s’abstenir et où les jeunes non cis hétéro n’existent pas (ou existent dans la honte et le danger)

Laissons-les faire des choix qui nous paraissent étranges, voire mauvais, et voyons comment iels s’en sortent. Toutes les histoires ne sont pas des pamphlets d’éducation aux bonnes mœurs. Et c’est tant mieux.

(Bon ceci dit j’espère que dans la prochaine saison nous aurons enfin quelques persos trans et non-binaires, ce serait cool)

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FdL : Heartstopper vol 1 – Alice Oseman

Titre : Heartstopper – vol 1.
Autrice : Alice Oseman.
Année : 2019.
Editeur : Hachette.

Ceci est l’histoire de deux lycéens.
Nick, le rugbyman au sourire solaire.
Charlie, le musicien au cœur solitaire.
Parce qu’ils évoluent dans des cercles différents, parce qu’ils n’ont pas le même caractère, leur amitié n’était pas gagnée.
Pourtant, petit à petit, de façon irrésistible, Charlie tombe amoureux.
Même s’il sait que Nick aime les filles. Même s’il sait qu’il n’a aucune chance.
Alors, pour ne pas mettre en péril cette amitié naissante qui compte pour lui plus que tout, Charlie préfère garder le silence…

Mon avis.
Alertée par le buzz de ce « roman graphique » par mes ami·es lecteurices, je me suis penchée sur le premier volume paru en français de Heartstopper, me souvenant vaguement en avoir vu des scan il y a quelques années sur tumblr. JE pensais d’ailleurs à la base qu’il s’agissait d’un travail de fan sur une série ou un roman.
De fait, les amateurices de fanarts et de la narration souvent déliée des travaux dits amateurs ne seront pas perdus. Un dessin épuré, des espaces qui laissent l’histoire vivre dans les non-dits.
Certes le scénario ne casse pas trois pattes à un canard, mais au lieu de noyer ses lecteurices dans des mises en place lourdes, vues et revues, à la façon d’une romance écrite, l’auteurice laisse les implicites faire, retire une certaine force d’éléments narratifs disparus mais inutiles, puisque tout le monde les connait. Reste l’essentiel, les sentiments, quelques références de pop culture, et le sourire de Nick qui est vraiment désarmant.
Heartstopper est vraiment le petit bonbon sucré idéal en ce début d’année 2020.
Le second volume paraîtra tout bientôt.

Publié dans écriture, général

Sois l’Eau, mon ami·e.

« Sois comme l’eau qui trouve son chemin à travers les fissures. Ne sois pas assuré, mais adapte-toi à l’objet et tu trouveras un moyen de le contourner ou de passer à travers. Si rien en toi ne reste rigide, les choses extérieures vont se révéler. Vide ton esprit, sois informe. Informe, comme l’eau. Si tu mets de l’eau dans une tasse, elle devient la tasse. Tu mets de l’eau dans une bouteille et elle devient la bouteille. Tu la mets dans une théière, elle devient la théière. Maintenant, l’eau peut couler ou s’écraser. Sois l’eau, mon ami. »
Cette citation de Bruce Lee, nous l’avons entendue (souvent tronquée) lors des manifestations pour la démocratie à Hong-Kong. Il est fort probable que les médias qui se sont chargés de relier les principes de Bruce Lee aux mouvements de révoltes ont transformé cette philosophie en petite moquerie paternaliste et raciste (du genre « nous on a Voltaire, euh ils ont un acteur de kung-fu »). Ceci dit, ce précepte est bel et bien utilisé à Hong-Kong, et l’adaptabilité des manifestants aux moyens de répression des autorités force le respect et, malgré le sérieux de la situation, amène une fascination euphorisante.
Ici, à l’Ouest, nous apprenons aussi les propriétés de l’eau, mais plus sur le registre de l’absence de contrôle et de la peur.
D’un côté les rivières et fleuves qu’il faut contrôler et littéralement canaliser, pour ne pas avoir à faire face à des inondations (tip : il suffit de ne pas construire en zone inondable)
De l’autre, de façon un peu plus geek, la théorie du chaos expliquée pour les nuls par le Professeur Malcolm dans Jurassic Park. La nature trouve toujours un moyen, elle est donc chaotique, donc dangereuse.
Mine de rien, toute notre société, en France, fonctionne ainsi : il faut se forcer pour correspondre aux modèles. Cela vaut pour vraiment tous les domaines : posez-vous la question sur les codes vestimentaires, sur la façon « convenable » de vivre une orientation sexuelle non hétéro, sur les modèles de couple, sur les goûts littéraires ou cinématographiques, sur les cases imposées (et non choisies) (Pour connaître la différence, vous pouvez vous reporter au très bel ouvrage de Mélanie Fazi, Nous qui n’existons pas, disponible en e-pub gratuit chez Dystopia)
« Sois l’eau, mon ami »
Voilà, aussi simplement que ça, cette citation venant d’une autre culture permet de dévisser le nombre incroyable de charges sociales que l’on se met sur le dos, surtout quand on est neuro atypique.
Quid de l’écriture du coup ?
Que l’on ne travaille pas, pour de multiples raisons, ou que l’on travaille, le conseil qui est donné le plus souvent aux auteurices, c’est de se construire une habitude : écrire un peu tous les jours, avoir des horaires fixes, tenir un bullet journal, utiliser des tableaux excel, s’installer dans une bibliothèque, s’installer dans un bar, écrire à la main, choisir tel logiciel, choisir tel autre logiciel, et ainsi de suite.
Je connais beaucoup d’auteurices autour de moi, des personnes qui sont devenues très souvent des ami·es depuis dix ans, et qui ont leurs habitudes. Le bullet journal chez Aude Reco, les aventures de Scrivener chez Lionel Davoust, l’agenda de ministre au millimètre chez Cécile Duquenne. C’est d’ailleurs en discutant avec elle lors de notre dernière séance de coaching, que je lui ai avoué ce qui me pèse : les méthodes, c’est très bien, mais quid quand on ne peut s’y tenir que pour un temps limité ?
Parce que nous sommes de l’eau et des rivières. Si on nous canalise trop, au bout d’un moment, ça déborde, et ça fait des dégâts. Les inondations de culpabilité, de burn-out, de sentiment d’échec.
« J’avais choisi cette méthode-là, ça a marché pendant cinq jours, et puis ça n’allait plus du tout. J’ai mal choisi. »
Et ce n’est pas le fait d’abandonner qui est réellement dommageable, non. C’est le fait de se dire qu’on s’est trompé, ou se dire que ce n’était pas le bon moment. Mais comme la méthode a fonctionné pendant quelques jours, autant attendre que le mood revienne, non ?
« Sois l’eau, mon ami »
Alors au diable tout cela !
Ce qui est vraiment cool avec l’activité artistique, par rapport aux codes du travail salarié, aux codes de la famille, et pour beaucoup d’entre nous aux codes du genre, c’est que cette activité permet de s’en détacher relativement facilement.
J’ai fait mon coming-out non-binaire. Et ça a été très compliqué pendant quelques mois. Parce que le neutre, c’est le masculin, et que je ne supportais plus tout ce qui avait trait au féminin. Il fallait que j’obéisse à la méthode « mec » en laissant tomber totalement la méthode « nana ».
En écriture, j’ai fait pendant quelques temps du bullet journal. Et puis ça n’allait plus du tout.
Mais j’avais un si beau cahier, avec des stickers trop mignons et un planning super bien foutu ! Comment je pouvais abandonner ça ? Autant arrêter d’écrire jusqu’à que cela revienne !
Oui mais non. Non parce que l’écriture, cela reste, de base, viscéralement, quelque chose de nécessaire. Sans écriture je ne vis plus. Ou du moins je ne vis plus très bien.
Alors on s’adapte. J’utilise à la fois writecontrol et focuswriter et word. J’écris à la fois chez moi, en café, ou au boulot (vivent les pauses de midi !) J’ai deux carnets. J’ai des tableaux excel. Je ne fais pas tout en même temps, mais je pioche ce qui me va le mieux au moment x.
Il n’y a que deux constantes dans ce travail-là : écrire (mais pas forcément tous les jours), et avoir des projets en cours. Je dis bien DES projets, oui. Parce que sinon, je m’ennuie.
Est-ce que j’arrive tous à les mener à bien ? Non. Du moins pas dans le temps que je souhaiterai.
Mais ce n’est pas grave, parce que je suis une rivière.
Je m’adapte. Comme aujourd’hui je peux remettre du rouge à lèvre et me faire appeler « il » dans certaines soirées, comme je peux un jour parler de littérature et de combat LGBT devant 50 personnes et le lendemain hiberner chez moi seule avec le moins de bruit possible, comme… comme toute ma vie de personne NA.
Comme, toute proportion gardée, ces jeunes gens qui collent des pavés sur les routes de Hong-Kong pour ralentir les chars (oui avec de la colle forte)
Comme vous. Parce que vous avez ce pouvoir énorme : vous êtes de l’eau. Vous glissez. Vous êtes merveilleux et personne ne peut vous arrêter.

Cet article est issu de la newsletter A l’attention d’iel était une fois.
Vous pouvez vous y inscrire ici ; la prochaine partira le 10 janvier 🙂
A l'attention d'iel était une fois
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Non-binarité et représentation

4janet
Janet – personnage non binaire de The Good Place.

Il y a quelques semaines un·e abonné·e de mon compte twitter m’a envoyé le lien vers un article (en anglais) de Electric Lit (que je ne connaissais pas)
Article rédigé par une personne concernée à la fois par la littérature, notamment de l’imaginaire, et par la non-binarité.
Autrement dit, une rareté quand on dépasse les frontière de tumblr.

J’ai enfin eu le temps de le lire et j’avoue que je partage plutôt la thèse de Christine Prevas.

Le point de départ est le personnage de Janet, de la (très bonne) série The Good Place, oeuvre qui a l’avantage de toucher beaucoup, beaucoup plus de gens que n’importe quel roman de SF ou de fantasy.
Il est assez évident, bien entendu, que la majorité du public ne verra pas la non-binarité de Janet, malgré ses « not a girl » répétés à l’envi.  Mais pour le public concerné, c’est important, comme pour toute minorité qui se retrouve représentée dans un média mainstream (ne venez pas me titiller sur le FinnPoe de Star Wars, j’enrage encore)

Donc Janet est un personnage non-binaire qui en plus à l’immense qualité de ne pas répondre au physique androgyne habituellement associé à la non-binarité (qui m’enrage encore plus que le FinnPoe, c’est dire, surtout parce que là, je suis hyper concernée)

Le souci donc, et c’est cela que soulève l’article d’Electric Lit, est le suivant :

When the only non-binary characters in media are aliens, robots, and monsters, we tacitly assert that the non-binary people in our lives are unnatural, that there is something inherently inhuman about their existence.

[Quand les seuls personnages non-binaires d’un média sont des extra-terrestres, des robots et des monstres, nous assumons de façon tacite que les personnes non-binaires de nos vies ne sont pas naturelles, qu’il y a quelque chose d’intrinsèquement inhumain dans leur existence.]

Cela se rapproche en fait de toutes les problématiques de représentation des minorités dans les médias. Par exemple je me souviens des bandes-dessinées que je lisais enfant, où systématiquement, en situation magique, le personnage noir était forcément sorcier ou marabout. L’étranger ne pouvait pas être « comme nous ». La différence (couleur de peau, sexualité, physique) installe le personnage dans son altérité. De façon plus légère (enfin pas vraiment), les méchants ont plus souvent un look gothique, des mines patibulaires, sont gros quand ils peuvent être achetés, homosexuels quand ils sont manipulateurs·trices, et ainsi de suite.
La caractéristique qui les distinguent du personnage principal est soulignée par leur appartenance à une minorité qui, dans le monde réelle, n’est pas dans une situation de pouvoir. Les minorités n’ont pas de pouvoirs magiques, une connaissance illimitée des savoirs, sans aucune sensibilité, dans un besoin constant de faire le mal soit pour nous venger soit parce que réaliser nos désirs nous ferait forcément sortir de la loi.
Bref nous sommes « normaux ». Et cette normalité et cette humanité de notre altérité n’existe pas en fiction.

Voici ce qui ressort de l’article et je suis complètement d’accord avec.

Mais je pense que ce besoin d’humanité, cette nécessité d’être inclus dans le monde humain et non dans le monde des robots, des monstres et des extra-terrestres, s’adressent d’abord aux auteurices non concerné·es.

Pourquoi ?

J’écris. Et plus je vieillis, plus je souhaite que mes héros et mes héroïnes me ressemblent, ou partagent au moins certaines de mes expériences, notamment sur le genre.
Mais je n’ai pas envie d’écrire une histoire sur une personne ordinaire qui ferait des choses ordinaires juste pour prouver que j’existe, moi, en tant qu’auteurice non-binaire.
Ce serait super chiant, soyons sérieux.
Et je n’ai pas envie d’intégrer des personnages non-binaires dans mes récits juste pour qu’iels restent dans le fond, pour prouver qu’iels existent bien.
Non.
Moi, mes personnages sont badass, qu’iels le veuillent ou non. Iels ont des pouvoirs, savent se battre, peuvent être hyper intelligents, naviguer au fin fond de l’univers au moyen de leurs tentacules ou être les héritier·ères d’une lignée de vampires.
Parce qu’iels sont mes héros !
Et qu’iels sont trans, non-binaires, pan, ace, poly, et toutes ces caractéristiques qui, peu ou prou, me concernent aussi. Et je sais leur donner une humanité parce que justement, je sais que cette caractéristique-là, n’est pas liée à leurs statuts de badass, de magicien·ne, de « plus grand que la vie ».

C’est pour ça que j’aime Janet, parce qu’elle est badass. Tout en étant « not a girl ».
Mais il serait bien, vraiment vraiment bien, que les auteurices, même et surtout les non-concerné·es, mettent un peu de diversité dans leurs personnages « normaux », dans leurs humain·es.

I love non-binary monsters. I love non-binary aliens, and non-binary robots. I love space operas and paranormal romances and anything “inhuman” that I come across. But sometimes there are days when — exhausted by the social calculus of navigating a world that does not make space for me, that does not take me for what I am — I need my fiction to remind me that I am human, too.

[J’aime les monstres non-binaires. L’aime les extra-terrestres non-binaires, et les robots non-binaires. J’aim le space opera et les romances paranormales et tout ce que je croise et qui est « inhumain ». Mais il y a des jours où – fatigué·e par la navigation sociale dans un monde qui ne fait pas de place pour moi, qui ne me considère pas pour ce que je suis – j’ai besoin que mes fictions me rappellent que j’existe.]