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Cagnotte : LuD – Deux

LuD

Bonjour à tous et toutes,

Un petit article spécial ce soir. Je laisse la parole à l’artiste LuD :

Bonjour, je suis LuD, auteure des BD éponymes, et jeune maman d’un futur bébé nommé « Deux ».
J’ai besoin de vous pour le mettre au monde car je n’ai pas le financement me permettant d’éditer seule. Il serait absolument dommage que cette oeuvre d’utilité publique ne voit pas le jour.
En quelque mots, « Deux » est un roman graphique de 180 pages qui aborde: la trans-identité, les discriminations, la communication, le désir, la maladie,le sexe, la prévention, l’homoparentalité, la transition, la vie quotidienne… Et qui est fabuleusement beau, résolument indispensable à votre bibliothèque puisqu’il vous contera une histoire romantique, sensuelle, drôle, positive…
Cette oeuvre a pour personnages principaux deux couple; l’un est composé de Julie et Axelle, l’autre Camille et Azra. Julie est étudiante, un brin paumée à un carrefour de sa vie; ou elle continue comme ça, ou elle change de cap. Elle est attachante, touchante, pansexuelle et amoureuse profondément d’Axelle, jolie trentenaire droite, fière, géniale, militante, trans, lesbienne… mais… qui cache des secrets difficile à conserver seule. Camille et Azra sont un couple qui activement tente de concevoir un enfant; elles s’aiment et abordent les difficultés de la vie. Camille est poly-amoureuse, non-binaire et l’amour qu’elle porte à Azra est beau, vivant. La vie justement il est en question dans ce roman graphique qui ne promet pas de vous donner le sens de celle-ci mais vous convaincre que la convergence des luttes est une des meilleures manière de se rassembler pour avoir plus de force, moins de solitude aussi. La fin de la lecture de ce tome 1 accrochera un sourire à votre visage que le quotidien n’affectera pas. Le tome 2 sortira courant 2020; vous n’attendrez donc pas très longtemps pour connaître la suite de nos héroïnes attachante.
Forte d’une première expérience d’édition réussie avec « made in love dans les chroniques de LuD « , un manifeste sous forme de BD érotique, queer, féministe et drôle, j’ai développé un de mes scénarios jusqu’à en faire une oeuvre complexe, positive, inclusive, tendre, sensuelle, nommée « Deux ». Parce qu’il faut être deux pour s’aimer, qu’il y a deux histoires dans « deux, et plein d’autres surprises que vous allez découvrir, je l’espère, très bientôt.
Il reste 5 jours pour participer : n’hésitez pas, chaque euro compte ! 🙂
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FdL : Au-delà de la pénétration – Martin Page

9782956536130-475x500-1Titre : Au-delà de la pénétration.
Auteur : Martin Page.
Année : 2019.
Editeur : Monstrograph (première édition épuisée ?)

Pourquoi écrire un livre sur la pénétration ? Parce que le sujet est là, si présent qu’il en est invisible. Surtout je voulais faire en sorte que l’on entende des choses trop souvent tues, qu’on parle, qu’on pense, qu’on considère la sexualité comme un élément de l’invention humaine, de sa culture, de ses arts, de sa politique. Je voulais qu’on entende les difficultés, les douleurs, la peur d’être anormal.e, et qu’on dise qu’on se fout de la normalité si elle signifie le mépris et le jugement pour ce qui est différent.
Ce texte est suivi d’un recueil de témoignages.

Mon avis
Quand mon libraire m’a mis ce petit ouvrage entre les mains, j’ai été perplexe. Je suis ace, femme, et lire le témoignage d’un homme cis hétéro sur la pénétration semblait à dix mille lieues de mes intérêts. Il se trouve aussi que le sujet de la sexualité sans pénétration est déjà un terrain largement défrichée par les lesbiennes. Mais bon..
Eh bien finalement cet ouvrage n’est vraiment pas si mal, voire même très réjouissant. Drôle, léger, il interroge sans détour le virilisme, l’injonction au membre masculin comme seul et unique objet à jouir (et qui doit jouir, en pénétrant, pour définir une « vrai » relation sexuelle), avec ce que j’appellerai une « fraîcheur naïve » destinée à démontrer l’absurde d’une situation.
Les témoignages qui se trouvent à partir de la moitié de l’ouvrage sont également très intéressants.
L’auteur a une langue imagée et pleine d’humour, et cela ne m’étonne pas du tout qu’il soit aussi un auteur jeunesse.
Je conseille donc fort cette petite perle… qui je crois va ressortir chez un autre éditeur.

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Des textes, Etc.

Des textes etc.

Bonjour à tous et toutes,

En cette veille de rentrée, et parce que je crois avoir quelques nouveaux et nouvelles abonné·es, j’ai décidé de faire cet article somme sur tous mes écrits disponibles, payants et gratuits.

Mon unique roman (pour l’instant), en auto-édition :

Gretel.
Nous connaissons toutes et tous le personnage du conte, la petite fille qui sauve son frère d’une fin cannibale (où il servirait de menu principal) en poussant la méchante sorcière dans le four. Nous nous souvenons surtout de la maison en pains d’épice, rêve pour beaucoup de petits gourmands, si seulement la sorcière n’existait pas !
Mais voilà, les contes peuvent être un peu partiaux. Le destin des jeunes filles qui sortent du droit chemin doit-il être si douloureux ? Celles qui se laissent faire doivent-elles forcément finir avec un prince et avoir tant et tant d’enfants ? Et surtout, les sorcières sont-elles vraiment si horribles ? Plus horribles même que les belles-mères ?
Et si les contes n’étaient écrits que par des hommes pour faire peur aux gens et pour prévenir les filles, pour leur faire peur et les menacer ? #Queer

Gretel est disponible sur smashwords, lulu et amazon.

Les anthologies auxquelles j’ai participées :

Tatouage – Un Point dans un Motif.
Dans ce monde alternatif les âmes soeurs portent le même tatouage. #Queer

Site de MxM Bookmarks.

Nutty Bite – Je suis morte.
Les créatures du jour ou de la nuit, dotées de crocs, donnent souvent naissance à des amours interdits, impossibles, improbables même. Sept auteurs à l’imagination débordante nous racontent dans cette anthologie certaines de ces histoires. Une chose est certaine : leurs aventures n’ont pas fini de vous surprendre !

Site de Nutty Sheep.

 

Et les nouvelles et textes courts en lecture libre sur wattpad :

Nocturne.
Fritz est mort à Vienne, il y a des années. Le jour de ses 150 ans, il revient sur sa vie depuis cet événement : vampires, amours et solitude d’un immortel au visage d’enfant. Paru dans le Calepin Jaune #2, en 2004. #Queer

Conte de Noël.
Marcel a son restaurant, ses voisins qu’il invite le 24 décembre, son bonheur, sa générosité, et une façon bien à lui de sauver le Noël d’un gamin. #Queer

Notification.
Laura aime sa solitude. Mais elle fait une rencontre qui va, peut-être, bouleverser sa vie… ou pas. #Queer

Sur le chemin de la maison.
Gregory rentre chez lui pour Noël, partagé entre la joie de revoir sa famille et le secret qui pèse en lui. Une panne électrique et une rencontre vont changer sa vie. #Queer

Issue de Secours.
Deux solitudes. La cage d’escalier d’un lycée que personne n’emprunte jamais. L’histoire d’une amitié, puis un peu plus. #freedomtokiss #Queer

Le Réveil du Dragon.
Micro-nouvelle avec un peu de magie, un soldat trop cartésien et une petite princesse.

Le Bal des Méduses.
Il voguait dans des espaces sans fin, essayant de ne pas se faire toucher par ces étranges êtres. Paru originellement dans l’anthologie « Destination Univers » Ed. Griffe d’Encre. 2012. Anthologie Destination Univers…

Les Reines de l’évasion.
Elles sont nées liées par la hanche, ont vécu les joies et les détresses du cirque et du cinéma, et aujourd’hui, elles ont besoin d’aide pour pouvoir quitter ce monde avec le moins de souffrances possibles.

Le Garçon aux Chrysanthèmes.
Les cimetières parisiens ont des secrets, mais pour quoi Arnold se sent-il si attiré par eux ? #Queer

Wolverine.
Octave préfère Wolverine à Jean Grey, mais on lui a apprit qu’un garçon devrait se battre plutôt que pleurer. Alors il frappe. #Queer

La Dent percée.
Dans un monde obnubilé par le sport, la violence et l’argent, jusqu’où aller pour rendre les combats de plus en plus spectaculaires ?

Comme une bulle de savon.
Marine et l’eau, c’est toute une histoire…

Les Crapauds Crabeaux.
Des enfants qui vivent sur une montagne d’ordures, séparés entre caste des rêveurs et caste des chasseurs, avec un seul ennemi : le monde des adultes.

Bonnes lectures 🙂

 

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FdL – Les Affamés – Silène Edgar

Affamés

Titre : Les Affamés.
Auteur : Silène Edgar.
Année : 2019.
Editeur : J’ai Lu – Nouveaux Millénaires

Auteur à succès, Charles noie son ennui dans l’alcool, le tabac, la bonne chère et les conquêtes faciles. Un style de vie proscrit depuis que les Lois de la Santé ont mis le pays au régime sec : travail et nourriture saine pour tous, sport obligatoire et interdiction formelle de nuire à sa santé. Mais Charles est adulé par les foules, alors on le laisse faire… jusqu’au jour où un politicien aux dents longues décide de censurer la production littéraire. Commence alors pour l’écrivain une descente aux enfers qui lui donnera à voir l’envers du décor de cette société prétendument idéale.

Mon avis

Vous le savez déjà si vous suivez ce blog, je suis une grande fan des ouvrages de Silène Edgar. La voir revenir à une littérature pour adultes était une belle surprise quand l’annonce des Affamés a été faite. Ici Silène mêle des thèmes qui font mal à nos esprits, nous les auteurices un peu bobo sur les bords, qui aimons bien vivre, les repas en famille et entre amis, et avons une carte de sport que nous laissons perdue au fond du sac à main. Nous les auteurices qui vivons entre le besoin de profiter de la vie et celui de transformer cette même vie pour une existence plus respectueuse de l’environnement. Nous les auteurices qui avons le choix d’être partagés.

Si aujourd’hui certains n’ont pas le choix de ne pas faire de sport et de manger du poulet reconstitué bourré d’OGM et de mauvaises graisses (les potatoes à 1€ le kilo et les promotions sur le Nutella), demain ces mêmes personnes, les « ceux qui ne sont rien » de notre cher Président, n’auront pas non plus le choix de profiter aussi un peu. Passer des nuggets industriels à une alimentation équilibrée mais pas chère, donc de mauvaise qualité et de petite quantité. Passer d’un statut de citoyen explosé aux LDB à plus de statut du tout.

Et à nous de faire face à notre hypocrisie et à retrouver les force politique de nos mots, même si nous avons l’impression de combattre des moulins à vent.

Un beau livre, désespérant mais d’une grande gourmandise, comme toujours avec Silène ❤

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Qui suis-je ?

Je n’existe pas comme corps en fait. Je m’en fous peut-être. Je ne sais pas.

Ce texte a été écrit d’un traite l’année dernière, puis oublié dans un carnet. Après mes interrogations multiples, et un crise d’angoisse dissociative à JFK, il y a un peu plus d’un mois, j’ai décidé de le publier tel quel (il n’a donc pas de fin).

Qu’est-ce qu’être ace, ou asexuel·le ? Pourquoi est-ce si important de le savoir ? De le dire ? De le revendiquer ? Est-ce un acte naturel, une revendication politique, les deux ?

Sommes-nous légitimes dans nos paroles, nos discours et nos engagements politiques ?

Dans un monde fondé sur le sexe, dans sa dimension physique et politique de soumission et de domination, où se situe un mouvement qui s’affranchit de l’élément commun à tous les combats queer : le sexe, le genre et leurs nécessaires imbrications ?

Qui suis-je ?

C’est la grande question, celle que chaque être humain se pose. Je suis d’abord l’enfant de mes parents, la sœur ou le frère de ma fratrie. Une aînée, une cousine, filleule, nièce, petite-fille. Le nombre des identités varie selon l’étendue du monde connu par l’enfant.

Mais qui suis-je ?

Qui suis-je pour la société qui m’entoure et dans laquelle j’évolue ? J’en suis un rouage, à l’école, au travail, quand je marche dans la rue, quand je paie mes factures, quand je suis au restau, quand je manifeste. J’en suis à la fois la consommatrice, la productrice et la critique : un rouage au milieu de milliers d’autres.

Mais la société, c’est comme une notice Ikea démultipliée dans une multitude d’univers parallèles : il y a un nom pour chaque rouage, afin qu’on puisse classer les individus selon des identités précises. Cela permet au système de fonctionner et à l’individu de se construire. C’est donnant-donnant.

Il y a le patron et l’ouvrier. Auxquels on rajout le cadre, le commercial, le fonctionnaire, l’auto-entrepreneur. Le chômeur et le retraité. Tout pour construire et déconstruire le système capitaliste.

Il y a l’adulte. Auquel on a ajouté l’enfant-est-une-personne et l’adolescent. Le préadolescent et l’adulescent. Le 3ème âge et le 4ème. Le bébé pour le nourrisson et le « toddler ». Chacun dans sa case qui tient à la fin d’un classement biologique, et capitaliste.

La biologie et le capitalisme.

Qui suis-je ?

Le premier fondement de notre classement Ikea, celui qui semble commun à l’univers du travail, à celui du loisir, de la médecine, du sexe…

C’est une fille ou un garçon ?

Chambre rose ou vélo bleu ?

Macho man ou femme fragile ?

Gold diger ou Nice guy ?

Vieille cougar ou vieux beau ?

L’éternel question.

Le choix garçon-fille est déjà sujet à défauts et erreurs dès le départ, dès le regard du médecin, de la sage-femme, du grand manitou binaire. Il n’y a que deux choix et il faut choisir. Case un ou case deux.

Beaucoup d’enfants grandissent dans la mauvaise case. Parce qu’on a choisi la case une ou lieu de la case deux, la deux au lieu de la une. Et parce qu’il n’y a que deux cases.

Ah.

Mais admettons.

JE suis une petite fille. J’ai des couettes, des robes, des poupées, des Barbie. On m’appelle en « elle » et j’utilise les toilettes pour filles. Rien de très transcendant. Je suis dans une case et elle me va bien. Surtout parce que pour l’instant je ne vois pas ce que tout cela engendre.

NE plus jouer au foot avec mon frère.

Et considérer que dans un garçon accepte de jouer, c’est déjà « pour sortir avec ».

Il n’y a plus rien d’enfantin dans ces jeux-là. Les jeux pour filles sont réservés aux filles.

Les jeux pour garçons aux garçons.

Les jeux de société et vidéo, à cette époque encore, à la famille et la fratrie.

Mais un garçon qui te propose une partie de cerf-volant ? Non, ce n’est pas un jeu. C’est déjà un combat où on ne comprend pas encore qui gagne et où on commence à deviner que, de toute façon, c’est la fille qui perd.

J’ai dix ans et je ne comprends pas encore.

Mon univers se divise en quatre.

Il y a la famille : papa et maman, papy et mamy, grand-maman et son mari qui est mort, et ainsi de suite.

Il y a les jouets : tu jours à la guerre, à la cuisine, à la maman. Est-ce que les autres filles jouent à « qui va épouser Ken » ? Je ne sais pas. Mes Playmobil ne se marient pas, ils participent à un système social : cowboys contre indiens. Il n’y a ni femmes, ni hommes.

Il y a l’école, le collège, le cercle social qui se divise : fille/garçon. Et puis fille jolie/fille moche. Je suis seule, pas très haut dans la chaîne alimentaire. Je ne comprends pas les « je sors avec », « elle m’a trompée », « il est trop beau ! ». Ce n’est pas intéressant mais comme il faut s’y conformer… Il faut s’y conformer même si cela nous rejette au fin fond d’une cour de récréation, avec les bizarres, les kassos, les nuls, ceux qui ne sont pas dignes de participer à cette grande foire fille/garçon.

Alors il y a le quatrième monde : la télévision, et le cinéma, puis les livres, de plus en plus. Et là, uniquement là, il y a l’Amour, le Corps, le Sexe. Tout est dans ma tête et tout est merveilleux. Là, je suis à ma place.

Je vais y être de plus en plus parce que la réalité va me jeter dans le sexe et la violence sans prévenir.

De là vient sans doute la grande incompréhension.

Je suis fille, biologiquement et, dans la vision des autres, de la société, je suis déjà aussi cette case sociale limitée.

Coupure.

Coups.

Violence.

Plus rien ne fonctionne Le vide intersidéral.

L’adolescence passe comme un rêve. Il n’y a pas de case quand on est invisible. Il n’y a pas de classement quand on est un fantôme. Il n’y a pas de compétition quand on n’existe pas.

Le corps se transforme dans une agréable distance. Où est le résultat du viol ? Où se situe la limite de l’asexualité ? Comment réparer les choses entre un vécu et quelque chose d’inconnu ?

Car à l’époque, comme aujourd’hui encore, l’asexualité n’existe pas. Dans mon village, dans mon collège de campagne et mon lycée de province, l’homosexualité, le lesbianisme, la bisexualité n’existent pas. Ne parlons même pas des interrogations de genre. Sous nos habits dégenrés d’ado grunge, nous étions quand même des garçons et des filles. Qui se mélangent. Sauf ceux à la marge.

Le viol je l’ai oublié pendant près de dix ans, presque quinze.

Je suis devenue un être étrange. Jean, chemises trop grandes, Docs. Les cheveux à moitié rasés. Suis-je une fille ? Suis-je un garçon ? Suis-je autre chose ?

Je n’existe pas comme corps en fait. Je m’en fous peut-être. Je ne sais pas.

N’existant que les livres, les cours, le cinéma.

Et rien d’autre.

Il me semble même que la famille n’existe pas non plus.