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2018 : AUTO EDITION, ASSOCIATIONS ET TROUBLES DE L’ATTENTION

Dans quelques jours 2018 va s’achever et j’ai l’impression d’être dans un meme internet : se dire que l’année a été horrible/pas géniale et que la prochaine ne peut être que meilleure, comme en 2017, comme en 2016, comme en 2015. C’est un peu le cas de beaucoup de monde. Et pourtant, quitte à rester dans les poncifs, on peut aussi se construire dans le malheur, ou dans le « pas si bien j’aurai préféré quelque chose de mieux ».

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Alors voilà, d’un point de vue personnel, 2018 aura été l’année de trois gros événements qui ont profondément modifié mon rapport à l’écriture, à la création et à l’engagement queer (le but de ce blog ne l’oublions pas)

 

En début d’année, j’ai partagé, viscéralement, profondément, le coming-out de Mélanie Fazi. Heureux hasard, mon « vrai » coming-out familial (autre qu’en non-dit) s’est fait naturellement le lendemain de Noël, grâce à Nous qui n’existons pas, lu par ma maman dans la nuit.

 

En juin et juillet, deux expériences se sont télescopées de la pire des manières : une violence psy en milieu associatif (deux associations, deux violences, en même temps), et l’accident de mon papa.

La première remet en cause encore aujourd’hui mon engagement en association, et je pense que je vais mettre très longtemps avant d’y remettre le nez. J’ai décidé d’être un peu égoïste sur ce point-là.

L’événement familial a été une douche glacée. Ils sont là, mais ils peuvent disparaître du jour au lendemain. Et on veut, je veux leur donner le meilleur de moi-même avant cet arrêt brutal.

 

L’auto-édition est arrivée là.

Que mon papa, et les gens que j’aime, aient entre les mains un livre « à moi » et surtout « de moi », en entier. Juste comme ça. C’est un symbole, qui a sacrifié peut-être au travail éditorial extérieur, au professionnalisme. Gretel ne sera jamais sur les étals des libraires, n’ira jamais en Salon, ne sera lu que par une vingtaine de personnes tout au plus. Mais il existe.

J’ai parlé pour expliquer ce pas de l’auto-édition de littérature de niche, d’absence d’éditeurs qui pourraient s’y intéresser, de calendriers éditoriaux insupportables, mais le fait est là, la raison principale est là : j’avais besoin que ce livre existe tout de suite, là et maintenant.

 

Cette expérience a également mis en exergue un état que j’ai cherché à nier ou à rabaisser depuis longtemps, parce que je n’ai jamais été diagnostiquée, parce que cela peut être vu comme un enfantillage, un manque de maturité ou je ne sais quoi.

Ce trouble me pourrit la vie comme il peut me la simplifier.

Être capable de corriger, publier, communiquer sur un livre en trois mois.

Et ne pas pouvoir se concentrer plus de dix minutes sur la correction d’un texte court, qui sera toujours repoussé, encore et encore et encore.

Pouvoir lire quatre livres en un week-end.

Et ne pas pouvoir en lire un seul en quatre mois.

Et ainsi de suite.

Il faut naviguer autour de ce trouble de l’attention, et gérer les crises d’angoisse qu’il peut amener.

Être réaliste sur le peu de public que l’on a, et faire une insomnie sur l’absence de retour sur un texte.

Naviguer entre deux états qui semblent totalement contradictoires, entre un état hyper efficace (et fatigant) et un état paralysant (tout aussi fatigant), entre une vie où rien n’a d’importance et une autre vie où le moindre signe prend des allures de montagne, un calendrier au jour le jour et celui qui oblige à prévoir, organiser, gérer.

Oui, on peut dire que ce n’est pas toujours facile.

Les trois mois de Gretel ont permis de domestiquer un tout petit peu cet état, mais ils m’ont laissé sur les rotules.

J’ai repris avec la participation à #FreedomToKiss, et là il y a eu aussi angoisses et colères injustifiées.

L’année prochaine j’ai mon voyage à New-York, et là encore ça va être compliqué. Mais on va y arriver 🙂 (et je vais m’acheter une couverture lourde pour éviter les angoisses le soir parce que quand je suis au lit c’est pour dormir !)

 

Du coup, dans toutes ces circonvolutions psychologiques, on peut sortir quelques réalisations finalement pas si misérables que cela…

 

Début d’année sortie de deux anthologies auxquelles j’ai participé :

Tatouage

Tatouage, aux éditions MxM Bookmarks, maison que j’ai découverte à cette occasion, avec une des meilleurs cm du monde. Vraiment.

La nouvelle s’appelle Un point dans un motif. J’y joue sur un trope de fanfic (les marques d’âmes soeurs) et j’ai pris beaucoup de plaisir à l’écrire. C’est aussi une longue nouvelle, ce qui m’arrive assez rarement.
ICI

 

NuttyNutty Bite, aux éditions Nutty Sheep, maison que je ne connaissais pas non plus.

La nouvelle ici c’est Je suis morte. Et je suis extrêmement fière parce que mes parents ont adoré. Merci merci merci !
ICI

 

 

 

Fin septembre, Mélanie Fazi est venue parler de Nous qui n’existons pas à Strasbourg, et ce fut très chouette aussi. Ce fut une belle rencontre avec un public peu nombreux mais très à l’écoute. Et puis Léo Henry était là et c’est toujours cool.

Melanie et Leo

 

Novembre, après deux mois de campagne ulule, sortie de Gretel.

Je ne reviendrai pas dessus, mais j’ai été très heureuse de voir le travail de Leslie Boulay sur la couverture, le soutien des contributeurices, les personnes qui ont acheté ce livre.

J’avoue attendre les retours avec appréhension, mais déjà, ce livre existe, et c’est merveilleux. ICI

Gretel

 

Décembre, #FreedomToKiss.

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A la rentrée, nous avons été témoins de nombreuses agressions homophobes médiatisées. Cela a « commencé » avec l’assassinat de Vanessa Campos en août, et cela ne s’est pas arrêté. Cindy Van Wilder a alors lancé ce petit hashtag, des textes et des baisers pour lutter contre l’homophobie.

J’ai pu écrire quatre textes, comme les quatre bougies de l’Avent, un par week-end précédent Noël. Et j’avoue que j’en suis particulièrement fière. Il y a Issue de Secours, Sur le chemin de la maison, Notification et Conte de Noël. Et des jolis retours.

 

Voilà pour 2018 et sinon j’ai eu un nouveau tatouage !

Tatou

 

Pour 2019, trois projets au programme :

– Participation à l’appel à texte de Noël de MxM Bookmarks, qui va me prendre une bonne partie de janvier et février ;

– Correction d’un de mes romans pour une publication (sans doute… Creep Show !) ;

– Auto-publication (enfin !) d’un recueil de nouvelles.

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Et si j’ai encore l’énergie à la fin de l’année, j’aimerai me concentrer sur une de mes deux séries : Omega ou les Chasseurs.

 

Vous pourrez retrouver tous mes projets et mes lectures sur ce blog, sur ma page facebook, de temps en temps sur mon instagram et sur le site « pro » créé à l’occasion de la sortie de Gretel.

 

 

Je vous aime et je vous souhaite une très belle année 2019.

 

Publié dans fiche de lecture

FdL : 42 Jours – Silène Edgar

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Titre : 42 Jours.
Autrice : Silène Edgar.
Éditeur : Castelmore / Bragelonne.
Année : 2017

Eté 1942. Sacha, douze ans, et Jacob, son petit frère, sont à la fois surpris et très contents de partir en vacances avant la fin de l’année scolaire. D’autant qu’ils auront la chance de séjourner dans la pension de leur oncle Jean, un manoir breton au bord de la mer ! Une fois sur place, ce n’est pas tout à fait la colonie de vacances qu’ils s’imaginaient – les pensionnaires sont de drôles d’adultes qui se prennent pour Victor Hugo, Louis XIV, Néfertiti…
–, mais les garçons ne s’y ennuient pas une minute avec les jumeaux Eléanore et Léandre. Sans compter que le manoir abonde en secrets sur lesquels enquêter : qui fait ces bruits étranges dans le grenier ? Que sont ces loups qui rôdent dans les parages ?…

Mon avis :

Un livre qui ne parle pas de queerness, mais qui a toute sa place sur ce blog (déjà parce que j’y fais ce que je veux)
Dans ses livres jeunesse, Silène Edgar a non seulement l’immense décence de ne pas prendre ses lecteurices pour des abruti·e·s, mais également de rendre son texte tellement contemporain que le décalage historique ne se sent pas (tout de suite). Je m’explique, si 42 jours se passe en 1942, il faut un certain temps de lecture avant que l’on s’en rende compte (quand on a étudié la période). Il n’y a pas de date, pas de rappels d’actualité, juste quelques indices. L’avantage est une identification immédiate aux personnages, enfants comme adultes.
J’ai souvent pensé à la chanson de Serge Reggiani en lisant 42 Jours, et cette menace des loups, loups que l’on ne verra jamais (par contre les collabos ça…)
La violence physique n’est jamais décrite, la violence psychologique si, mais avec, à mon avis, assez de distance pour permettre une discussion avec le ou la jeune lecteurice sans faire peur aux parents.
Les personnages sont attachants, je ne cesserai jamais de le dire, c’est un des très beaux talents de Silène.
Le roman est conseillé à partir de 9 ans et il existe une version accessible aux lecteurices dyslexiques. Du coup s’il vous manque un cadeau pour votre neveu ou votre nièce pour Noël, n’hésitez pas !

Publié dans écriture

#Freedomtokiss : les textes

cover blogBonjour à tous et toutes,

Voici venu la fin de l’année, 2018 ayant été très (trop) fortes en émotions.
En attendant le petit résumé que je ferai la semaine prochaine, je vous présente ici le résultat de ma participation au mouvement #Freedomtokiss, instigué par Cindy Van Wilder.
Vous pouvez d’ailleurs retrouver le mouvement « on » su le blog dédié : freedomtokiss.

Pour la version « off » du mouvement, je vous propose donc quatre nouvelles, que vous pouvez lire gratuitement sur wattpad.

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Issue de Secours.
Deux solitudes.
La cage d’escalier d’un lycée que personne n’emprunte jamais.
L’histoire d’une amitié, puis un peu plus.

Cette histoire parle de harcèlement scolaire, entre autre.
Je me suis inspirée des deux dernières années que j’ai passé au lycée, et de cette cage d’escalier où j’ai passé tant et tant de pauses déjeuner.

Lire ici.

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Sur le chemin de la maison.
Gregory rentre chez lui pour Noël, partagé entre la joie de revoir sa famille et le secret qui pèse en lui. Une panne électrique et une rencontre vont changer sa vie.

Une histoire de rencontre, du genre qui n’arrive que dans les films. Mais si on ne peut pas rêver dans les trains, où rêver ?

Lire ici.

 

 

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Notification.
Laura aime sa solitude. Mais elle fait une rencontre qui va, peut-être, bouleverser sa vie… ou pas.

Mon texte le plus personnel.
Nous y parlons de restaurant, de solitude aimée, d’asexualité et de questionnements quand LA rencontre se fait.

Lire ici.

 

 

Conte de Noël.couv4
Marcel a son restaurant, ses voisins qu’il invite le 24 décembre, son bonheur, sa générosité, et une façon bien à lui de sauver le Noël d’un gamin.

Et voilà le dernier morceau.
Petite remarque : ce restaurant est très inspiré d’un établissement qui a vraiment existé à Strasbourg, et dont le patron offrait vraiment un repas de Noël aux personnes âgées isolées du quartier à Noël.

Lire ici.

 

Je vous souhaite de très bonnes lectures et à très bientôt 🙂

Et n’oubliez pas, nous sommes ensemble, et nous y arriverons !