Publié dans Atelier

Atelier d’écriture : l’humour

Ou : faire rire sans faire mal.
Un objectif qui devrait être celui de tous n’est-ce pas ?

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L’actualité nous fait considérer l’humour sous son aspect de critique sociale et de moquerie, les deux concepts se confondat mallheureusement bien souvent.

il convient pourtant de se rappeler que l’humour ne se limite pas à « rire de l’autre » comme le pense beaucoup de personnes aujourd’hui.

L’humour en lui-même n’est pas problématique ; c’est le sens que l’on donne à une forme humoristique qui peut l’être. Cependant, comme il fait rire (ou est censé faire rire) et être « léger », ses conséquences sont prises avec beaucoup moins de sérieux q’un texte dit, lui, réellement sérieux.

Desproges : Réquisitoire contre Jean Marie Le Pen (celui que personne n’écoute en entier et c’est bien dommage…)

Desproges est souvent appelé à la rescousse des tenants d’une liberté d’expression qui ne prendrait pas en compte ces conséquences (politiques et sociales : racisme, sexisme, homophonie, islamophobie, etc) Pourtant, quand il dit « on peut rire de tout mais pas avec tout le monde », il ne dit pas que les personnes blessées ou discriminées par des propos dits humoristiques doivent se taire et l’aisser la « liberté d’expression » se faire, mais que lui, fils d’immigrés, ne veut pas que quelqu’un qu’il hait (un néo-nazi) rit avec lui de ses blagues sur les étrangers.

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Pour remettre cela dans notre contexte, des blagues sur les « folles » peuvent être faites (et être drôles) dans un milieu safe, mais elles ne seront pas drôles si en rient des personnes homophobes.

Si je fais une blague sur mon poids, cela peut faire rire, cela peut faire rire des personnes que j’estime safe (elles aussi en surpoids par exemple), mais je n’ai pas envie qu’une personne grossophobe en rit aussi, parce qu’elle prendra cette auto-critique eu premier degré.

Si je fais une blague sur les « féministes misandres poilues, grosses et lesbiennes aux cheveux bleus », j’en ris parce que j’ironise sur la vision que beaucoup d’hommes sexites a des militantes féministes. Mais si un mec sexiste rit de cette vision caricaturakle, alors ce n’est plus drôle, mais oppressif.

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D’une manière générale, si on parle du grand public, donc de considérer la société dans son ensemble, le potentiel public ou lecteur·trice le·la plus lambda possible, il convient de ne pas rire des personnes qui s’en prennent déjà plein la gueule tout le temps (selon les mots d’Océane Rosemarie), parce uq’on prend le risque que des personnes de milieu oppresseur (hommes cis, blancs, catho/athée, etc, entre autre) en rient et donc renforcent encore un peu plus leurs propres a-priori en -iste.

Il faut également souligner qu’il ne s’agit pas ici de censure (la censure est un pouvoir exercé par un Etat, ou par un organisme de pouvoir, pas par un commentaire sur facebook), mais bien de liberté d’expression. Si tout le monde a le droit de faire des (mauvaises ou bonnes) blagues sur tout, tout le monde doit aussi obéir à la loi (diffamation, appel à la haine, menaces de mort et de viol, racisme, antisémitisme, etx), et tout le monde a aussi le droit de donner son avis sur les (mauvaises ou bonnes) blagues, surtout quand ce tout le monde est moqué à longueur de temps par des apprentis humoristes qui feraient bien de se trouver un nouveau hobby (le point de croix c’est cool et c’est pas oppressif)

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Le pdf de l’atelier d’écriture, qui reprend quelques points de cet article et explique ce qu’est l’humour selon sa définition de base est atelier4.

Pour aller plus loin :

Article d’Une Heure de Peine : L’humour est une chose trop sérieuse.
Article de Egalitariste : L’humour est une arme.