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Atelier d’écriture : Les Personnages

La construction du et des personnages est quelque chose qui, pour énormément d’auteur·trice·s est bien plus drôle à faire qu’un plan de narration. Pour l’atelier d’écriture, cela n’a pas dérogé à la règle et les participants ont pu travailler sur leurs personnages, héros ou non, et se rendre compte qu’une même scène pouvait être écrite de différentes façon en fonction du personnage qui la vivait.

En effet dans le cadre de l’atelier, après avoir expliquer, de façon très synthétique, ce qu’était un personnage et comment il pouvait se construire, j’ai demandé aux participants d’établir la « fiche d’identité » de leur propre protagoniste, puis de le décrire en train de prendre son petit-déjeuner.

La « non importance » de la scène choisie possède cet avantage : l’exercice n’entre pas dans la narration déjà établie (ou non) des auteur·trice·s et leur ôte donc la pression de devoir rester dans leur ligne narrative.

Nous avons eu des résultats très différents les uns des autres, et l’exercice a permis aux auteur·trice·s (et aux auditeur·trice·s) de découvrir leurs protagonistes sous un nouveau jour ou de les approfondir de manière « détournée ». Même si une scène ne se retrouve ps dans le manuscrit final, elle aura toujours eu son utilité.

Le powerpoint créé à l’occasion se base essentiellement sur le travail de Orson Scott Card, Personnages et Point de Vue, traduit par les éditions Bragelonne. Un must de l’essai sur le récit, malgré un gros TW sur l’auteur [TW sexisme, homophobie, surtout dans ses romans, moins dans cet essai]

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J’ai également « emprunté » et cité l’article sur le mindmap de Syven : ici.

Pour approfondir les personnages :

Les vidéos toujours géniales de Samantha Bailly.
Scénario.buzz
Masterclass de Lionel Davoust

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Tous semblables ? Pas si vite…

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Atelier d’écriture : La Méthode des flocons

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Pour introduire la construction d’un récit aux participants de mon atelier d’écriture, j’ai eu envie de leur présenter la Méthode des Flocons de Randy Ingermanson.
L’avantage de cette méthode par rapport à d’autres reste, selon moi, sa simplicité et son esprit extrêmement synthétique. Les éléments dans lesquels l’auteur·trice pourraient se perdre, comme la construction d’un monde fictif (qui n’a jamais abandonné un projet après avoir dessiné 4 cartes et construit 8 arbres généalogiques et créé 1 système politique complexe ?), sont mis de côté afin de se concentrer sur l’épine dorsale du roman.

La méthode des flocons consiste à résumer, d’abord, son histoire en une seule phrase.

Le premier exercice sympa à faire est de demander aux participants de résumer une oeuvre de fiction déjà existante en une seule phrase. Cela permet de leur montrer que même une oeuvre estimée comme complexe, comme le Trône de Fer, peut se résumer en quelques mots. Et aussi qu’une même histoire peut se résumer de façons différentes selon la personne qui l’a lu : C’est le cas par exemple pour Harry Potter, où l’un des participants a mis l’accent sur la magie alors que l’autre a préféré insister sur le collège, l’école.

Cet exercice me semble vraimet intéressant pour introduire la Méthode des Flocons et aussi pour casser un peu la peur que peut avoir un·e jeune auteur·trice par rapport à l’immensité d’une oeuvre qui ne demande qu’à être écrite.

La Méthode des Flocons a été traduite par mes soins notamment et retranscrite sur le blog de Pénélope Chester.
Mécanismes d’histoire a rédigé un article un peu plus complet et avec des retours d’expérience en plus.
C’est le très bon site Espaces Comprises qui apporte la synthèse et l’étude la plus complète de la méthode, en la reliant aux études de structure du roman.

Par exemple, après avoir résumé son intrigue en une seule phrase, la Méthode des Flocons invite l’auteur·trice a développé cette phrase en un paragraphe de quatre ou cinq autres phrases. L’article de Kanata relie ces phrases aux différentes parties structurelles du roman : début, premier noeud dramatique, second noeud dramatique (qui correspond plus ou moins au milieu de l’histoire), phase dépressive, troisième noeud dramatique (le combat de boss de fin de niveau, comme j’aime à l’appeler), la résolution de l’intrigue et l’épilogue si épilogue il y a.

Ce rapprochement permet ainsi de découvrir la logique de la méthode des Flocons qui n’est donc pas une simple « to do list » pour arriver à écrire un roman.

Pour approfondir, et aller encore plus loin que l’article de Kanata sur Espaces Comprises, deux ouvrages sont indispensables :
La Dramaturgie, d’Yves Lavandier.
Story : Ecrire un scénario pour le cinéma et la télévision, de R. McKee. Je vous mets en lien les articles qui lui sont consacrés sur l’indispensable blog Scenariobuzz.

Etape 1) Résumer en une seule phrase de votre roman. Cette phrase va vous servir tout le temps, comme un mémo, un rappel. C’est votre grand tableau.
Quelques trucs pour faire une bonne phrase :
– Plus c’est court, mieux c’est
– Pas de noms de personnages ! Préférez un groupe nominal caractérisant (un trapéziste handicapé plutôt que « Paul Martin »)
– Liez le aux enjeux de vos personnages : quel personnage a le plus à perdre dans l’histoire ? Qu’est-ce qu’il ou elle veut/peut y gagner.

Etape 2) Etirer cette phrase en un paragraphe entier décrivant la base de l’histoire, les drames principaux et la fin du roman. Par exemple, en se basant sur la construction d’un scenario : nœud dramatique mineur + nœud dramatique majeur + nœud dramatique mineur + dénouement.
Idéalement, ce paragraphe contient environ cinq phrases. Une phrase pour le background et le début de l’histoire. Puis une phrase pour chacun des trois drames (ou nœud dramatique). Puis une dernière pour raconter la fin.

Etape 3) Les étapes précédentes offrent une vue dégagée sur le roman. Maintenant il faut quelque chose d’équivalent pour l’histoire des personnages. Pour chacun des personnages principaux, écrire une page de résumé comprenant :
– le nom du personnage – une phrase résumant sa biographie – sa ou ses motivation(s) (qu’est-ce qu’il veut, de façon abstraite ?) – son but (qu’est-ce qu’il veut concrètement ?) – son conflit (qu’est-ce qui l’empêche d’atteindre son but ?) – son « épiphanie » (qu’est-ce qu’il apprend ? Comment change-t-il ?) – un paragraphe résumant son histoire Un point important : Si à un moment donné on doit revenir en arrière pour corriger une phrase ou le paragraphe biographique, cela veut dire que nos personnages nous apprennent des choses sur votre histoire. Il est toujours bon, à n’importe quelle étape du processus, de revenir en arrière et de modifier les premières pages., c’est inévitable. Et c’est bien. Toutes ces corrections n’auront pas à être faites plus tard, sur un manuscrit de 400 pages ^^
Un autre point important : cela n’a pas à être parfait. Le but de chaque étape de ce processus de construction est de vous faire avancer vers la prochaine étape. Il est  toujours possible de revenir en arrière pour corriger quand on comprend mieux son histoire.

Etape 4) Continuer à développer votre histoire :  développer chaque phrase du résumé en un paragraphe entier. Chacun des paragraphes, sauf le dernier, devrait finir par un drame. Le dernier devrait expliquer comme finit l’histoire.
Cette étape permet d’obtenir une sorte de squelette du roman.  C’est une sorte de  synopsis.

Etape 5) Faire une page de description pour chaque personnage principal et une demi page pour les autres personnages importants. Ces « synopsis pour personnages » doivent raconter l’histoire du point de vue de chacun. Là non plus, ne pas hésiter à revenir en arrière et de faire des corrections en développant ses personnages.
Etape 6) On a maintenant une histoire solide et un certain nombre de sous-intrigues, une par personnage. Développer le synopsis en un script de quatre pages. Cette étape permet de dévoiler la logique de l’histoire en faisant des choix stratégique. Avec cette meilleurevision de votre histoire et l’apparition de nouvelles idées, il sera normal dedevoir revenir en arrière pour corriger certains points.

Etape 7)Développer sa description des personnages en « fiches de personnages » détaillant tout ce qu’il faut savoir sur eux : année de naissance, description physique, histoire, motivation, but, etc. Et le plus important : comment le personnage a-t-il évolué à la fin du roman ? C’est une extension de l’étape 3 et cela apprend beaucoup sur ses personnages.

Etape 8)Avant de se mettre à l’écriture proprement dite, il reste de petites choses à faire pour rendre ce « grand saut » plus facile : reprendre le script de quatre pages et faire une liste de toutes les scènes à inclure dans le roman (avec le ou les personnage(s) impliqué(s), ce qu’il s’y passe…).

Etape 9) (optionnelle) Commencer à écrire une description narrative de l’histoire. Prendre chaque scéne et la développer en une description en plusieurs paragraphes. Mettre les lignes de dialogues qui viennent en tête, et vérifier que les conflits essentiels sont bien présents.

Etape 10) Il est alors temps de commencer à taper le réel premier jet de ce roman.